Lafi Bala Cahier de santé participatif

Cahier de santé participatif de Markoye

Page 4 : Cahier de santé participatif

Préface : Le projet LAFI BALA, ce projet coopératif d’éducation à la santé qui va se dérouler à MARKOYE, éveille en moi un vif intérêt. Je fais partie de ces médecins tropicalistes qui au cours de leur carrière, à des degrés divers, se sont investis dans la lutte contre les grandes endémies africaines. Certes les progrès réalisés sont importants mais sont-ils vraiment à la hauteur des moyens tout à fait considérables qui ont été déployés. On connaît bien le mécanisme des affections en cause et nous avons à notre disposition des moyens de lutte le plus souvent très efficaces. Pourtant les chiffres de morbidité et de mortalité diminuent bien lentement. Cela irait sans doute plus vite si les efforts étaient accompagnés d’une évolution socioéconomique plus favorable.Mais en attendant que faire ? Une meilleure « compréhension-participation » des populations aux mesures de prévention me paraît comme absolument nécessaire en appoint aux mesures sanitaires proprement dites. Au cours des dernières décennies, les programmes de lutte thématiques et verticaux se sont multipliés en Afrique. Sans doute parfois pour plus d’efficacité dans les actions mais surtout sous la pression des bailleurs de fonds qui souhaitent que les programmes qu’ils soutiennent spécifiquement soient bien individualisés. Depuis quelques années, le Fonds Mondial consacre des moyens très importants dans la lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose. Dés lors, les autres maladies, comme les bilharzioses, la filariose lymphatique, le trachome ... sont dites négligées mais elles intéressent de plus en plus d’autres bailleurs de fonds, fondations, ONG internationales, qui en quelque sorte se spécialisent dans la lutte contre telle ou telle endémie. Actuellement on essaye, comme au Burkina, de regrouper les programmes contre certaines maladies négligées qui font appel à des méthodes de lutte similaires (trait- ements de masse périodiques courts et espacés dans le temps). Quoiqu’il en soit, chacun de ces programmes thématiques verticaux comprennent un volet spécifique d’IEC (information, éducation, communication). Les équipes chargées de ces IEC sont itinérantes et interviennent dans tous les villages concernés par un de ces programmes ver ticaux. Les séances d’IEC sont donc ponctuelles et très espacées dans le temps. Dans ces conditions, malgré le savoir faire et la motivation des médecins et des techniciens responsables des IEC, il est difficile d’obtenir vraiment une bonne compréhension et une par ticipation active des populations qui sont trop souvent sollicitées. D’autres mé- thodes innovantes doivent être imaginées. On le voit, le projet par ticipatif d’éducation à la santé « LAFI BALA » est d’une autre nature et on peut en espérer globalement plus de résultats en profondeur. Les actions de coopération décentralisée qui sont conduites depuis plusieurs années à MARKOYE se situent dans le domaine de l’eau et de l’assainissement. Ce sera aussi